Présentation

Entrer dans les cavernes du numériques par le médium du théâtre, pour explorer par le canal de la recherche-création la part invisible du travail émotionnel, pris sur les RSN entre l’injonction à publier et la violence de la répression des subjectivités, des identités genrées, la menace du harcèlement, tel est l’objectif principal de ce projet. Le présent projet de recherche repose sur un double cadre théorique.
Le premier, ancré en SIC, sociologie des médias, sémiotique et philosophie, est sollicité pour aborder les pratiques numériques des adolescents et le fonctionnement des plateformes numériques, en interrogeant l’impact des médiations numériques dans la sociabilité des adolescents, leur construction de soi et leur rapport à la temporalité.
Il s’appuiera sur un second cadre théorique, celui des recherches théâtrales dans leur rapport à la perception de la présence à soi et aux autres, et la construction de la signification. Dans l’antiquité, lorsqu’un problème surgissait dans la cité, on envoyait les professionnels du théâtre pour soulever les questions. Les philosophes et les politiciens intervenaient ensuite pour régler les modalités pratiques. L’espace du théâtre permet d’établir de nouveaux rapports entre les choses, à distance, sous forme de jeu, d’ouvrir une brèche pour regarder le monde autrement.
Le projet s’appuiera plus précisément sur le dispositif CyberOmbre mis en œuvre depuis 2011 par Fardin Mortazavi du collectif Maison Persane, par des résidences avec des jeunes (écoliers, collégiens, lycéens, jeunes mineurs isolés, voir la vidéo de présentation ). Un dispositif de scène-laboratoire-observatoire sera construit pour le confronter à d’autres recherches théâtrales et associer formateurs, jeunes comédiens et artistes confirmés.