A paraître: : « En quoi est-ce si primordial de préserver et de cultiver sa capacité d’émerveillement ? », Aguerre Colette, Mortazavi Fardin, éd. Complicités Universitaires (coll. Psychologie et Vie Quotidienne).

Très prochainement ce livre sera édité sous la coordination de Pr Gérard Chasseigne.

Ce chapitre d’ouvrage vise à mieux cerner en quoi consiste l’émerveillement, ce mystérieux objet d’étude et de désir dénommé « awe » (prononcez « Ah ouais ! ») dans la littérature scientifique anglo-saxonne. Après avoir cerné quelques conditions qui président à son émergence, nous passerons en revue quelques bienfaits de l’émerveillement (au niveau individuel et sociétal) et dénonceront certaines écueils possibles (crainte, figement, asservissement, etc.). Nous conclurons ce chapitre en élargissant notre regard sur la question de l’émerveillement, en vue de le réhabiliter, via le prisme de considérations évolutionnistes et artistiques.

A paraître : recension du livre « antiDATA – La désobéissance numérique – Art et hacktivisme technocritique », de JP FOURMENTRAUX

Fardin Mortazavi réalise un compte rendu du livre « antiDATA – La désobéissance numérique – Art et hacktivisme technocritique« , de Jean Paul FOURMENTRAUX. Cette recension paraitra dans le prochain numéro de la revue « Réseaux », début 2022, Critiques numériques, coordonné par Olivier Alexandre et Sébastien Broca.

Contre l’hégémonie de l’innovation, ces derniers invitent à « mordre la machine », ré-ouvrir les boîtes noires, reprendre la main, transformer l’imaginaire technique. Leurs différentes approches – sous-veillance, médias tactiques, design spéculatif, statactivisme, archéologie des médias – explorent et expérimentent le hardware des machines, les coulisses de l’intelligence artificielle, les algorithmes de surveillance, la reconnaissance faciale, la visualisation des données.
Ces actes de désobéissance numérique prennent le contre-pied de la gouvernementalité et souveraineté des plateformes (GAFAM). Ils réinscrivent l’histoire du code, du cryptage et du calcul dans une critique de la culture contemporaine et ré-ouvrent des voies d’émancipation citoyenne. « Faire œuvre de hacking » recouvre ici des enjeux sociaux et politiques autant qu’esthétiques : réflexivité (critique), autonomie, indépendance, réappropriation des cultures matérielles (contre l’obsolescence et contre l’opacité des systèmes). La question du détournement y est centrale, l’humour et la parodie y occupent une place de choix.
En proposant de « penser par l’art », l’ouvrage aborde différentes figures de cette désobéissance numérique à travers les œuvres de plusieurs artistes internationaux : Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italie, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation.org (France, Pologne, Russie), HeHe (France, Allemagne, Royaume-Uni).

« Jean-Paul Fourmentraux est l’un des spécialistes les plus pointus sur les croisements entre cultures numériques, questions politiques et art. C’est en sociologue bien informé d’œuvres contemporaines qu’il présente ici, en neuf chapitres, autant de démarches artistiques dirigées, chacune, de façon ironique, franche ou infiltrée, contre les effets de domination qu’exercent aujourd’hui les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). »
Sylvie Coëllier, Critique d’art

« Depuis quinze ans, le socio-anthropologue Jean-Paul Fourmentraux construit une œuvre critique et exigeante sur les liens entre art et (contre-)cultures numériques, sondant les enjeux des nouvelles formes qu’Internet, en tant que dispositif technique et réalité sociologique, a fait émerger […]. Dans cet essai, il approfondit ses réflexions sur les discours technocritiques et les modalités de résistance artistique en s’intéressant aux hégémonies qui se sont constituées ces dernières années, ainsi qu’aux nouvelles aliénations et dispositifs de contrôle les accompagnant […]. Finalement, cet essai pose un constat rassurant face aux discours désabusés contre les grandes plateformes du Net et leur pouvoir, que l’on présente inlassablement comme démesuré et hors de contrôle ; chaque émergence de systèmes d’oppression ou d’aliénation s’accompagnant nécessairement de moyens de résistance au pouvoir qui l’érode de l’intérieur, nouvelle étape d’une dialectique bien ancienne entre opprimés et oppresseurs. »
Clément Thibault, L’Observatoire Jean Paul Fourmentraux, socio-anthropologue (PhD) et critique d’art (AICA), est professeur à l’université d’Aix-Marseille et membre du Centre Norbert Elias (UMR-CNRS 8562) à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les (contre-)cultures numériques, dont Art et Internet (2005), L’Ère Post-media (2012), L’œuvre Virale (2013), Identités numériques (2015).

Ouvrage collectif : ÉDUCATION CRITIQUE AUX MÉDIAS ET À L’INFORMATION EN CONTEXTE NUMÉRIQUE

Présentation : Interdiction des téléphones portables à l’école, contrôle des plateformes en ligne pour lutter contre la désinformation – l’éducation aux médias se retrouve au centre des politiques publiques numériques. Depuis 2013, la loi de refondation de l’école a inscrit dans ses missions fondamentales une éducation aux médias et à l’information. Cet ouvrage présente le résultat de trois années de réflexion collective avec des chercheur.es explorant l’économie politique de la communication, la sémiotique, la sociologie des usages, la critique des industries culturelles et créatives et la sociologie du genre.

Coordinateur(s) : Sophie Jehel et Alexandra Saemmer

Edition : Presses de l’ENSSIB, Collection : Papiers, Parution : Avril 2020

Sommaire

Introduction par Sophie Jehel et Alexandra Saemmer (téléchargable)

Partie 1. Éduquer à l’information, décoder les infomédiaires

Chapitre 1. « Fake news », complotisme, désinformation : quels enjeux pour l’éducation aux médias ? par Romain Badouard

Chapitre 2. Cybersexisme : un nouveau phénomène de socialisation adolescente par les outils du numérique ? par Sigolène Couchot-Schiex et Gabrielle Richard

Chapitre 3. Surveillance à l’ère numérique : comment résister à l’emprise de la société de contrôle ? par Serge Proulx

Chapitre 4. Retour sur les enjeux politiques du mouvement du logiciel libre, par Sébastien Broca

Chapitre 5. Comment saisir la qualité politique des technologies numériques ? par Clément Mabi

Chapitre 6. Faire attention, ou l’affectivité en contexte numérique, par Camille Alloing et Julien Pierre

Chapitre 7. Qu’est-ce qu’un moteur de recherche ? par Guillaume Sire

Chapitre 8. La défiance des adolescents vis-à-vis de l’information journalistique dans le contexte de la crise de l’information, par Sophie Jehel

Chapitre 9. Se confronter aux fausses informations : des moyens techniques de lutte aux outils éducatifs, par Léo Jannot-Sperry

Partie 2. Approches réflexives et créatives des médias

Chapitre 10. Inoculer le genre. Le genre et les SHS : une méthodologie traversière, par Marlène Coulomb-Gully 

Chapitre 11. L’éducation critique aux médiations informationnelles et communicationnelles en milieu numérique, par Nicole Pignier

Chapitre 12. Pour une lecture critique des interfaces du livre numérique, par Nolwenn Tréhondart 

Chapitre 13. La créativité en éducation critique aux médias : un défi pour l’École, par Laurence Corroy

Chapitre 14. Que peut la littérature face aux techno-pouvoirs numériques ? par Alexandra Saemmer 

Chapitre 15. Adolescence et maîtrise des technologies de la communication, par Francis Jauréguiberry

Chapitre 16. Déconstruire le mythe des digitales natives, et au-delà : cheminements théoriques et méthodologiques, par Anne Cordier

Chapitre 17. Mobilisation des savoirs techniques par le professeur documentaliste. L’éducation aux médias comme transmission d’un savoir expérientiel en milieu numérique, par Céline Ferjoux 

Chapitre 18. CyberOmbre, repenser les nouveaux médias par le médium théâtre, par Fardin Mortazavi

Liste des auteur.es

Coordinateur(s) :

Contributeur(s) :

Générations collapsonautes Naviguer par temps d’effondrements Yves Citton Jacopo Rasmi

Nous voyons les banquises fondre, les espèces disparaître, les inégalités s’exacerber : tout nous annonce que nos modes de vie sont condamnés à un « effondrement » qui vient. Nous savons la nécessité d’une mutationvertigineuse, à laquelle nous ne parvenons pas à croire.

Comment sortir de cette hantise – sans nier sa réalité nisubir sa fascination ? En multipliant les perspectives qui dévoilent une pluralité d’effondrementsdéjà en cours, plutôt qu’un unique écroulement à venir. En questionnant ce « nous » de la collapsologie à partir de temporalités alternatives, d’attentions altérées, de points de vues excentrés et excentriques.

Écrit à quatre mains, ce livre s’adresse à toutes les générations collapsonautes– jeunes et moins jeunes – qui ont mieux à faire que se laisser méduser par la menace des catastrophes à venir. Désespérées mais pas pessimistes, elles s’ingénient à accueillir et cultiver des formes de vie qui échappent par le haut au capitalisme extractiviste. Condamnées à naviguer sur les effondrements en cours, elles génèrent d’ores et déjà des arts inédits du soulèvement et du montage – dont ce bref essai encourage à hisser les voiles.

Yves Citton, 58 ans, est professeur de littérature et media à l’université Paris 8, et co-directeur de la revue Multitudes. Il a publié Contre-courants politiques (2018), Médiarchie (2017), Pour une écologie de l’attention (2014), Renverser l’insoutenable (2010).

Jacopo Rasmi, 28 ans, a soutenu en 2019 un doctorat à l’université Grenoble Alpes sur les nouvelles écritures documentaires (cinéma, littérature). Il enseigne à l’Université de Lorraine (IECA et CREM) et n’a pas encore renoncé à chercher une forme de vie désirable.

Editons: Seuil, Collection : La Couleur des idées
Date de parution 05/03/2020, 23.00 € TTC, 288 pages, EAN 9782021447408