10 nov. Adolescents, images numériques et construction identitaire Stratégies, vulnérabilités, remédiations, journée d’études avec université Paris 8

Nous présentons les résultats de notre projet CyberOmbre dans le cadre de cette journée d’étude à Paris:

Le 10 novembre 2017, 9h-17h
Adolescents, images numériques et construction identitaire
Stratégies, vulnérabilités, remédiations

Présentation et discussion des résultats de la recherche

Responsable du projet : Sophie Jehel
Maîtresse de conférence en sciences de l’information et de la communication,
Université Paris 8 Saint Denis, Laboratoire CEMTI EA 3388, chercheure associée au CARISM.

Avec la participation de Patricia Attigui
Professeur  de psychopathologie et de psychologie clinique, coordinatrice de l’équipe des psychologues Université Lumière Lyon 2, Laboratoire CRPP EA 656.

Projet soutenu par la Fondation de France, Le GIP Droit et Justice, la direction de la recherche de la PJJ, l’UNAF, les CEMEA, La Ligue de l’enseignement.

L’ambition du projet de recherche

De nombreux jeunes sont confrontés aux images violentes à travers les différents médias, et plus encore avec Internet, involontairement et volontairement. Il nous paraît donc important de prendre au sérieux la rupture que constitue, depuis plus de 10 ans, la proximité des images violentes, sexuelles et haineuses facilement accessibles (téléphone portable, ordinateur) dans le processus de socialisation des jeunes. Il nous semble également essentiel de prêter attention à la nature de la relation que les jeunes entretiennent avec ces images qui reste souvent cachée.

Nous pensons que la connaissance des fragilités de certains jeunes vis-à-vis des images ouvrira de nouvelles perspectives notamment pour lutter contre diverses formes de violences entre jeunes, permettre aux jeunes concernés de ne pas rester dans le clivage entre la consommation solitaire de ces images et l’intégration des valeurs de la société globale et approfondir l’analyse des phénomènes de « radicalisation » cognitive.

Ouverture du colloque, accueil 9h-9h30

Présentation des principaux résultats de la recherche : 9h30-10h15
Sophie JEHEL, MCF Paris 8, chercheure au Cemti, chercheure associée au Carism.

Première table ronde : les vulnérabilités des adolescents face aux images  10h30-12h00

Animation : Laurence CORROY, MCF HDR Paris 3, CADIS.

Patricia ATTIGUI « Entre aliénation et « désaide » : l’adolescent face au pouvoir des images ». Professeur de psychopathologie et de psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2, Psychanalyste (Association Psychanalytique de France).

Jocelyn LACHANCE « Les images terroristes : nos adolescents sont-ils des victimes ? », socio-anthropologue de l’adolescence, Docteur en sociologie de l’Université de Strasbourg et en sciences de l’éducation de l’Université Laval.

Angélique GOZLAN, « Du punctum à la fascination : quand les images sur les réseaux sociaux font résonance aux processus adolescents », Docteur en psychopathologie et Psychologue clinicienne, Chercheur associé à l’Université Paris 7 et l’Université Lyon 2.

Geoffroy WILLO « L’adolescent face au trash du numérique : une attirance endogène ou exogène? »,
Docteur en psychopathologie, psychologue clinicien et formateur à l’IRTS Parmentier.

Deuxième table-ronde : images et confrontations aux interdits 13h30-15h

Animation : Fabrice AUDEBRAND, ENPJJ

Serge HEFEZ: « Les adolescents sous l’emprise des images de Daesh », Psychiatre, service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, hôpital de la Pitié Salpêtrière, Paris.

Pierre LEFEBURE, Claire SECAIL, « Attentes, tensions et ambivalences dans la réception du traitement  télévisé des attentats de novembre 2015 », Pierre LEFEBURE, Université Paris 13, LCP-IRISSO, et Claire SECAIL, CNRS, LCP-IRISSO.

Mickael LE MENTEC, « La médiation parentale face aux TIC » MCF Université Picardie, membre du CAREF et du GIS Marsouin.

Troisième table ronde : quelles pistes éducatives par rapport aux images violentes, sexuelles ou haineuses ? 15h15 – 16h30

Animation : Alexandra SAEMMER, Professeur Université Paris 8, Cemti.

Cécile PERRET, enseignante, Elaborer une réflexivité sur les images cinématographiques de violence.

Fardin MORTAZAVI, Musicien/Comédien et chercheur en musicologie et littérature (Université Poitiers) spectacles de théâtre d’ombre avec collégiens.

Isabelle FEROC-DUMEZ, directrice scientifique du CLEMI, MCF en sciences de l’information et de la communication, Université de Poitiers, chercheure au Laboratoire TECHNE.

Christian GAUTELLIER, directeur national des publications, Association CEMEA.

Olivier GERARD, Responsable du pôle média-usages numériques, UNAF.

Conclusion 16h30-17h00 

Serge PROULX, Sociologue, Professeur émérite à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et professeur associé à Télécom ParisTech (France). 

Lieu : UNAF,  28 place Saint Georges 75009 Paris
Amphithéâtre Pierre Laroque

Entrée libre sur inscription obligatoire
Merci d’envoyer un message à l’adresse suivante :
adoimagesnum@gmail.com

Accès :
métro Saint-Georges (L12) (en face), RER A station Auber (15 minutes de marche).
Accès possible pour personnes à mobilité réduite (veuillez nous prévenir)
Projet soutenu par la Fondation de France, Le GIP Droit et Justice, la direction de la recherche de la PJJ,  l’UNAF, les CEMEA, La Ligue de l’enseignement.

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UNAF - Union Nationale des Associations Familiales

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CyberOmbre : Résidence avec collégiens et lycéens

L’évolution exponentielle des outils numériques et notamment la place de plus en plus importante occupée par internet dans notre société ne nous donne pas le temps de réfléchir à toutes les applications ni à tous les usages qu’il peut en être fait, ni de définir de manière adéquate le cadre de son utilisation dans le respect des libertés individuelles et pose donc question. A l’inverse, le temps de plus en plus important occupé par les jeunes générations derrière leurs écrans et plus particulièrement via les réseaux sociaux induit une mutation dans leur manière de réaliser leurs apprentissages, mais aussi dans leur appréhension du monde qui les entoure et leur relation à ce monde. C’est aussi ce dernier point qui a conduit à l’élaboration de ce projet en vue de trouver des réponses à partir de ce que les élèves pourront dire de leur propre expérience de ces nouvelles technologies.

CyberOmbre, ses objectifs

Le projet CyberOmbre permet de relier les pratiques d’internet et des nouveaux outils technologiques par les jeunes générations avec comme attente une meilleure compréhension de l’outil internet pour une prise de conscience de ses enjeux sous-jacents et la nécessité d’une réflexion en tant que citoyen sur l’utilisation qu’il peut en être faite.

Publics et Établissements concernés

Il s’agit de tout public : lycéens collégiens, étudiants ou tout public. Ce projet est destinés aux collèges, aux lycées et aux maisons de quartiers.

Comment

Nous proposons utiliser la « magie de la scène » pour permettre aux jeunes d’aiguiser leur esprit en imaginant et réalisant leur propre monde. Les matériaux utilisés sont: le texte, la musique et l’ombre. Notre accompagnement sera dans la préparation du corps, de la voix, de l’écriture et tout ce qui est nécessaire pour qu’il ait lieu une expression libre dans une un groupe formé sur scène.

Mise en œuvre

Une 1ère phase d’écriture et sélection de texte se réalise dans une collaboration étroite entre les professeurs , les élèves et l’intervenant. Le professeur peut préparer les élèves dans l’appropriation des texte avant le démarrage de la résidence théâtrale.

Une seconde phase en résidence théâtrale se réalise, de préférence, par des séquences les plus longues et les plus rapprochées en fonction du planning du collège et du lycée. L’intervenant prépare un lieu avec ses propres matériaux scéniques,  sono et lumières. Ce lieu peut être une classe aménagée et réservée à la résidence jusqu’à la réalisation du spectacle. Une véritable salle de spectacle est plus magique : celle l’établissement ou celle des partenaires avec une Maison de quartier, Compagnie de théâtre, … . Dans se lieu, se préparent les élèvent et constitue l’âme commune du groupe. Les différents actes s’écrivent en se réalisant et les filages se succèdent.

En dernier lieu un spectacle sera donnée en invitant les autres élèves, professeurs, parents, … . La vraie magie a lieu lorsque ce triangulaire se me en place.

Antériorité du Projet

Notre démarche a été déjà réalisée :

Au Lycée Horticoles de Blois  en 2011 et 2015 (voir les articles de journal en cliquant sur la date) avec le financement de la Région Centre ou avec le Collège

Au Collège Bellevue Dangé Saint Romain en 2015  avec le financement de l’association Parents/Elèves

CyberOmbre : Réalisation Lycée Horticole Blois 2015

Réalisation de spectacle CyberOmbre avec les élèves

Nous intervenons auprès des lycéens et collégiens sous forme d’atelier pour les accompagner dans la réalisation d’un spectacle : la préparation du corps, de la voix, le son, la lumière, la mise en scène, l’écriture, le scripte, la photo, le bruitage, … .La scène devient alors un formidable espace d’imagination réelle au contact de l’Autre. Tout acte imaginé et proposé sera joué, mis à l’épreuve. L’accent sera sur l’écoute,le silence, le contact, le regard sans recherche excessive de performance.

Nous puisons ensemble dans les ressources littéraires anciennes et contemporaines, revisitant l’allégorie de la caverne de Platon, ainsi que des textes de slams et de chansons.

Sans moralisation aucune sur les technologies, il s’agit d’aiguiser les esprit dans l’appropriation de ces nouveaux supports de communication qui mettent en perspective des questions fondamentales telles que: le droit à l’image, le droit à l’oubli, la communauté, l’élaboration du savoir,…

Ici, nous pouvons visualiser des photos des ateliers de deux classes du Lycée horticole (1ère TCVA, 1ère TCVPJ) de Blois pour préparer un spectacle d’ombre le 14 mars 2015.

Article-la-nouvelle-republique-20150313

CyberOmbre : Résumé du projet de recherche universitaire

Notre modèle d’éducation est dominé par l’autonomie et le développement personnel. Suivant ce modèle, les industries médiatiques outrepassent l’autorité parentale et imposent un mode de vie centré sur la liberté individuelle, différente de celle imaginée par les philosophes des Lumières. De l’autre côté, les parents craignent l’affaiblissement de la transmission des valeurs qui garantissent une société démocratique : le respect de l’enfant et de son immaturité, la non-violence, le respect d’autrui, le dialogue et la dignité humaine.

Sans la perspective claire d’une régulation de contenus à risques, des experts interviennent alors dans les écoles pour un meilleur usage des médias. Ainsi, certains lycées et collèges, par le médium théâtre, tentent de permettre aux jeunes de repenser cette emprise numérique. Après plusieurs résidences avec des élèves, l’intervenant entame la présente recherche pour acquérir des clés d’accès à cette microsociété où les jeunes sont souvent en déprise de ce qui leur arrive.

La scène est révélatrice d’un grand manque de présence, de perception des choses immédiatement proches ; conséquence d’une perception biaisée par les prothèses techno-sensorielles et d’une domination du présentisme. Il n’y a plus le temps de penser, plus de temps inutile. Ceci augmente les risques de manipulation et de dérive idéologique dans une société fonctionnalisée. En dehors des normes imposées, cette scène, cet espace vide tente de réunir des conditions de présence pour que le jeune puisse se permettre de réinventer de nouveaux rapports entre les objets. Il traverse l’écran pour créer une image, tu n’es qu’une ombre et l’ombre est toi, et voilà tout. Il jubile avec, il s’emprisonne dedans, puis se libère du monde des apparences. Alors, le vécu esthétique s’intensifie. Parfois, par surgissement, s’ouvre une brèche, un éclair le traverse, son visage se tanne de lui-même, comme Angelus Novus ; le jeune s’approprie son monde. Cette brèche est là pour penser, comme un vent, une recherche de signification dépourvue de toute signification, pour le sens commun comme définit Hannah Arendt. Dans cette première phase de recherche l’auteur étudie les conditions de production de présence et d’un vécu esthétique sur cette scène. Dans une seconde phase, il tente de transformer cette scène en une arène où les valeurs de l’univers numérique affronteront celles des autres, sous l’arbitrage des jeunes.