Œuvre médiative : une expérience par la performance rythmique persane, 8 oct. 2021, communication au Colloque « Prendre part à l’art et à la culture », Marseille

dans le cadre du colloque organisé par l’Université Aix-Marseille, Yassaman KHAJEHI (artiste-MCF) et Fardin Mortazavi (artiste-doctorant), présente une communication sous forme d’atelier.

Cette proposition d’atelier/expérience (30 minutes, pratique et théorique) concerne à la fois l’axe 1 Généalogie des pratiques de médiation participatives et l’axe 3 Enseigner la médiation culturelle aujourd’hui. Portée par deux artistes-enseignants-chercheurs en études théâtrales et de communication, l’expérience questionne l’articulation entre pratique, pédagogie et transmission dans un projet de médiation où les notions de performativité, de présence et de participation sont mises en exercice et étudiées.

Dans notre univers médiatisé, nos sensibilités sont canalisées par un mode d’esthétique où l’autoréférentialité de la représentation ne cesse de croitre (Montani, 2016, p.181). Selon notre hypothèse, par une expérience esthétique collective rythmique, nos questionnements se développent sur l’implication d’une présence effective et affective : Faut-il vivre une expérience sensorielle « immédiale » pour saisir l’objet de la médiation ? Comment dans un contexte saturé des produits des industries de l’attention (Boulier, 2009, Citton 2014) peut-on vivre d’autres modes de présence immersives augmentée et collective afin de cerner l’objet ? Dans un temps limité, comment le mode d’alerte peut se remplacer par un mode de contact substantiel et donc spatial avec les choses du monde (Gambrecht, 2004, p.104)? Où trouvez des réserves disponibles d’attention ? Par quel processus ?

Inspiré de la culture orientale, proche de l’effet de l’étonnement recherché dans la direction de l’acteur (Brook, 1968), nous introduisons par la pratique de la musique persane où le corps est impliqué dans sa pleine complexité sensorielle, accompagnée des rythmes de plus en plus complexes avec des formes impaires ou à mètre libre, à l’instar des cérémonies de Sama’ chez les soufis (During, 1988). Dans ce mode d’immersion esthétique, nous allons pouvoir atteindre une dimension performative de notre communication comme une médiation (pédagogique) par la performance (Aboudrar et Mairesse 2018). Cette expérience qui en une partie qualifiée de pseudo-rituel se formant dans la sphère de liminarité (Turner, 1988) peut produire également ce que l’on peut appeler ici « l’œuvre médiative ». Ainsi, cette proposition d’atelier propose une expérience d’un mode particulier de présence dans une médiation, un mode de présence qui forme l’essence de la musique savante persane.

Bibliographie :

ABOUDRAR Bruno Nassim, MAIRESSE François, La médiation culturelle. Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 2018.

BROOK Peter, L’espace vide, Ecrit sur théâtre, traduit par Estienne Christine et Fayolle Franck, Paris, Seuil, « Pierres Vives », 1977 (1968).

CITTON Yves, Médiarchie, Paris, Seuil, « La couleur des idées », 2014.

DURING Jean, Musique et extase, L’audition mystique dans la tradition soufie, Albin Michel, « Spiritualité vivantes », 1988.

GUMBRECHT Hans Ulrich, Eloge de la présence, Ce qui échappe à la signification, Paris, Libella-Maren Sell, 2017 (2004).